Culture

Appropriation culturelle : notions de base

Pourquoi devons-nous sans cesse expliquer pourquoi l’appropriation culturelle nous offense?

Le problème n’est pas nouveau, en tout cas pas sur ce blogue, et pourtant, on dirait que tous les trois mois, nous faisons face à un nouvel abus de la part de personnes qui trouvent toujours de nouvelles façons d’exploiter les cultures autochtones et d’en tirer profit.

L’exemple le plus récent est la façon dont les peuples autochtones et la « magie » sont représentés dans la dernière série de nouvelles de J.K. Rowlings, History of Magic in North America (en anglais seulement). Dans la première nouvelle, les peuples autochtones et la véritable histoire de leur magie traditionnelle sont effacés au profit d’un monde à la Harry Potter (mais où serait-on de toute façon, dans une histoire où il n’y a pratiquement que des « Blancs »?) L’auteure parle de « sorciers et sorcières » autochtones, et parle de Skinwalkers et d’Animagi, mais, au lieu de parler de leur véritable histoire, elle utilise des archétypes coloniaux européens.

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 Adrienne Keene, PhD, écrit sur son blogue Native Appropriations, qu’elle y voit un problème plus profond :

 « C’est problématique, cette narration qui repose sur des personnages autochtones toujours magiques, mystiques, spirituels… Nous ne sommes pas des êtres mythiques, nous sommes des gens d’aujourd’hui, nous pratiquons nos traditions, des traditions réelles, qui n’ont rien à voir avec un monde complètement fictif comme le monde de Harry Potter. »

En réponse à l’inévitable « Et alors? Qu’est-ce que ça peut faire? Rowlings ne faisait que s’en inspirer pour écrire ses histoires », Adrienne Keene répond : «  Depuis les premiers contacts, les colons considèrent qu’ils ont le droit de se servir de nos traditions, de nos terres, de nos femmes et de nos croyances sans rien demander à personne. »

Plus il y a de non-Autochtones qui croient que les Autochtones sont des êtres magiques, des créatures mythiques, plutôt que des personnes en chair et en os, plus il est facile d’exploiter nos corps, nos terres et nos traditions, et ça, oui, ça nous offense.

 

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