Culture

Portrait de mon artiste coup de coeur : Eruoma Awashish

Par Sabrina Awashish Soucy

Eruoma Awashish est une artiste Atikamekw qui a grandi dans la communauté d’Opitciwan, en Haute-Mauricie (Québec). Suite à l’obtention de son baccalauréat en art interdisciplinaire à l’Université du Québec à Chicoutimi, elle s’est installée à St-Prime, au Lac-Saint-Jean, où elle y crée ses œuvres.

Ses sources d’inspiration sont principalement puisées dans la rencontre entre les traditions de son peuple et celles des autres Premières Nations ainsi que dans la modernité. Elle aime travailler avec des concepts en dualité. Sa double identité, Atikamekw par son père et Québécoise par sa mère, lui permet « de mieux saisir les différences qui distinguent ces deux peuples et créer des espaces de dialogues à travers ses œuvres », tel que mentionné sur sa page Facebook.

Awashish.png

Depuis quelques années déjà, Eruoma fait parler d’elle, que ce soit à travers des expositions ou dans différentes publications et événements culturels. Dernièrement, elle eut beaucoup de visibilité dans l’univers culturel autochtone au Québec en tant que jeune entrepreneure avec sa compagnie de vêtement AWA REBEL, qui a pour but de « manifester la grande fierté et l'appartenance à des valeurs communes, engagées et humaines » à travers son produit.

« Ça faisait longtemps que l’idée de créer ma propre entreprise de vêtement me trottait dans la tête, surtout en voyant des compagnies comme Billabong, Roxy et tant d'autres compagnies utiliser des motifs et des symboles autochtones dans le design de leurs produits. C'est notre propriété intellectuelle, c'est nos symboles, ils ont du sens pour nous alors nous devons nous réapproprier ce qui nous appartient. Les gens ont une ouverture à vouloir acheter ce genre de produit alors pourquoi pas leur offrir un produit authentique "made by Atikamekw ". Tous ces aspects m’ont vraiment motivée à me lancer dans la création de mon entreprise. », précise-t-elle.

Également, elle considère la mode comme un important moyen d’expression :

« Je trouve que la mode est une façon d’exprimer qui on est. J’aime utiliser des motifs autochtones et des messages engagés dans la création de mes vêtements. La plupart d’entre eux valorisent l’appartenance à notre culture qui est à la fois traditionnelle et contemporaine, puisqu’elle a évolué et est toujours d’actualité. L’entreprise AWA REBEL n’offre pas juste une occasion de porter un beau t-shirt, mais permet aussi d’exprimer la fierté d’être Autochtone ou de partager les mêmes valeurs que les membres des Premières Nations ».

Eruoma.png

Actuellement, elle consacre la plupart de son temps et de son énergie à son entreprise et à la création de ses œuvres. Prochainement, elle aimerait terminer sa maitrise en recherche et création qu’elle avait entamée à l’Université du Québec à Chicoutimi.

« Je suis encore à l’étape de faire connaître mon entreprise. Éventuellement, j’aimerais la faire connaître partout au Canada, en me promenant dans les pow-wow et d’autres événements autochtones. Je suis chanceuse de pouvoir vivre de mon art et de m’y consacrer à temps plein », concluait Eruoma.

Finalement, elle expose actuellement jusqu’en juin, à Montréal, dans le cadre de l’événement Le Conseil des arts de Montréal en tournée, soutenue par Terres en vues qui est une société de diffusion culturelle autochtone de Montréal. Une autre exposition est prévue à l’automne 2016 pour la Guilde canadienne des métiers d’art. Elle est aussi membre du Conseil d’administration d’Ashukan qui est une plateforme de diffusion culturelle pour les artistes autochtones.

Et vous, qui est votre artiste autochtone coup de cœur?

 

Plus d'histoires

Trevor Jang parle du mouvement qui aide les Premières nations à renouer avec leur culture à Vancouver
La Culture Sauve des Vies
Trevor Jang parle du mouvement qui aide les Premières nations à renouer avec leur culture à Vancouver
Quand le théâtre devient un lieu de rapprochement entre Autochtones et Allochtones
L’histoire d’un Atikamekw et de son passage dans un pensionnat indien du Québec, par Sabrina Awashish Soucy
Nipekiwan – Je reviens
L’histoire d’un Atikamekw et de son passage dans un pensionnat indien du Québec, par Sabrina Awashish Soucy

Mots clés

weremember indigenousveteransday http-spiritpanels-humanrights-ca

Participez à la discussion

Captcha?color=006091&locale=fr

S'il vous plaît entrer les caractères que vous voyez dans l'image ci-dessus.

Commentaires (0)