Culture

Puiser des forces dans les langues de nos ancêtres

Par Trevor Jang

Khelsilem a transformé sa colère au sujet du colonialisme en motivation pour apprendre et enseigner sa langue ancestrale, qui risque de disparaître.

Squamish du nord de Vancouver, il travaille avec les cinq personnes qui parlent encore leur dialecte couramment.

« Si quelque chose est fait pendant que je suis en vie pour nos communautés en termes de notre santé, de notre bien-être, des liens qui nous unissent, pour nous aider à transcender la culpabilité et la gêne, la langue est la chose qui peut nous unir. »

Khelsilem dit que sa grand-mère était élève dans un pensionnat, et qu’elle avait seulement pu lui enseigner quelques mots de sa langue natale. Alors, une fois son diplôme d’études secondaires en poche, il s’est inscrit à un programme de langues intensif pour apprendre à parler couramment son dialecte.

« Nos langues ont été ciblées parce qu’elles nous donnent une cohésion sociale, un moyen de comprendre qui nous sommes et quelle est notre place dans le monde. Elles nous donnent aussi la possibilité de voir le monde différemment, par rapport à la langue majoritaire dans laquelle nous évoluons maintenant, » dit Khelsilem à propos des pensionnats, où les enfants autochtones, comme sa grand-mère, étaient punis lorsqu’ils parlaient une langue autre que l’anglais.

« Je pense que, à mon avis, ils ont fait ça intentionnellement, de nous prendre nos langues. Nous pouvons intentionnellement les reprendre. »

Même si la colère était la motivation première de Khelsilem lorsqu’il a commencé à apprendre sa propre langue, ce sont les effets potentiels sur l’avenir qui le poussent aujourd’hui.

« Le problème, c’est comment accroître le nombre de personnes dans nos communautés qui parlent nos langues? Comment faire pour que les familles, les collègues, les groupes d’amis puissent avoir des conversations dans leur langue? »

Aujourd’hui, il enseigne le squamish à l’université Simon Fraser, donne des conférences motivationnelles et anime des ateliers culturels.

« Les gens disent souvent : ‘s’il ne reste que cinq personnes qui parlent cette langue, pourquoi essayer de la sauver?’ mais la vérité, c’est que beaucoup de langues dans le monde ont été sur le point de disparaitre avant de refaire surface. L’exemple le plus connu, c’est l’hébreu, en Israël. »

« Il y a encore des gens qui parlent la langue. Il y a des gens qui peuvent l’apprendre comme langue seconde, et il y a des gens qui veulent apprendre à parler la langue couramment. Alors, comment s’y prendre pour augmenter le nombre de gens dans nos communautés qui parlent vraiment la langue, parce que c’est ça, la marque d’une langue vivante. C’est ça, mon travail. »

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